Alain Serge Rédacteur en chef du Journal Libération
Alain Serge Rédacteur en chef du journal Libération

Dès la prise de pouvoir par Idriss Déby, les Tchadiens ont entendu un discours qui résonne encore dans la tête de tous. « Je ne vous apporte ni or, ni argent », mais la liberté.
Vingt-cinq ans plus tard, ce discours reste à moitié vrai. « Ni or ni argent », les conditions de vie n’ont pas beaucoup changé . Les riches proches du pouvoir sont devenus encore plus riches et les pauvres arrivent à peine à avoir un repas par jour.
L’argent du pétrole, l’on ne sait pas où il va. Le Trésor public peine à payer le salaire des fonctionnaires à la fin de chaque mois. Pourtant, la bourse du parti au pouvoir ne souffre d’aucun souci financier, vu que ce sont des milliards qui sont gaspillés pour organiser la fête de la « démocratie et de la liberté » chaque 1er décembre.
Les gisements d’or découverts dans le Tibesti passent sous silence parce que les Tchadiens sont avertis depuis un quart de siècle qu’ils n’auront ni or, ni argent.C’est la part de vérité du célèbre discours du sultan d’Amdjarass.
Quant à la liberté promise, l’homme ne tient toujours pas parole.Sinon, comment comprendre que dans un pays de droit ou règne la démocratie et la liberté, l’on arrête des journalistes, on les emprisonne pour des motifs fallacieux.C’est le cas en ce moment d’Alain Serge Zogbo, journaliste de nationalité ivoirienne qui travaille au Tchad depuis plus de 3 ans déjà pour. Mais dès qu’il décide de se retirer d’un journal appartenant à un vendeur d’illusion de Déby pour un nouveau journal, on l’arrête sous prétexte qu’il n’a pas de permis de travailler au Tchad. Etant à la Direction du journal La Voix, il avait la latitude de couvrir de grandes cérémonies, pouvait accéder à la présidence et à la primature si nécessaire. Il était était aussi parmi

Dadnadji, ancien premier Ministre du Tchad
Dadnadji, ancien premier ministre du Tchad

les journalistes tchadiens qui sont allés au Mali couvrir l’intervention des Fatim.
Aujourd’hui, il croupit en prison pour sa liberté de choisir une rédaction dans laquelle il se sentirait libre d’exprimer ses opinions.
Aussi, de quelle démocratie parle-t-on quand M. Djimrangar Dadnadji, ancien premier ministre décide de se retirer du parti MPS pour défendre ses idéaux, on le convoque à la police quelques jours plus tard pour une question de surcharge dans son acte d’état civil.
Va-t-on nous sortir le jeu de il n’est pas tchadien quand Dadnadji se décidera un jour à présenter sa candidature à la présidentielles ou bien que se trame-t-il ?
Et puis, je ne comprends pas vraiment ce que la police fait dans ces affaires de règlement des comptes personnels des politiques ? La police n’est-elle pas au service de tous ? Pourquoi se faire manipuler par des hommes politiques au service de Déby qui sont prêts à livrer leurs frères de sang pour gagner les bonnes grâces du chef ?
Il faut que cela cesse. Si Alain Serge a décidé de quitter un journal pro Deby pour un autre plus neutre et indépendant, c’est sa liberté et on doit respecter son choix. Si Dadnadji en a assez du parti MPS et qu’il décide de s’en aller, au nom de la démocratie, c’est son droit.