ph. DR
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l’ancien dictateur tchadien Hisseine Habré est appelé à comparaitre pour crime de guerre, crime contre l’humanité et torture par le tribunal d’instruction des chambres Africaines extraordinaires basées à Dakar. cette décision est prise Le 6 février par Mbacké Fall,le Procureur général près les Chambres africaines. Avec ce procès, une page de l’histoire du Tchad s’écrit une fois de plus. aussi, avec le procès de Hisseine Habré, pour la première fois, un Etat Africain va juger le dirigeant d’un autre Etat Africain pour des violations des droits de l’Homme.
Cette décision de juger Habré intervient après une instruction de 19 mois au cours de laquelle plusieurs commissions rogatoires se sont rendues au Tchad pour enquêter sur les crimes reprochées à l’ancien président dictateur du Tchad. les quatre juges d’instruction des Chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises ont conclu qu’il y avait suffisamment de preuves pour que Habré soit jugé pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture. Le procès devrait commencer en mai ou juin au Sénégal.
Les victimes du régime de Hisseine Habré ont accueilli les nouvelles de son renvoi devant la justice avec satisfaction. « Cela fait plus de deux décennies que j’attends de voir Hisseine Habré traduit en justice », a déclaré Clément Abaïfouta, président de l’Association des Victimes des Crimes du Régime de Hisseine Habré (AVCRHH), qui en tant que prisonnier politique sous le régime de Habré a été forcé de creuser des charniers et d’enterrer des centaines d’autres prisonniers. « Nous allons enfin pouvoir confronter notre bourreau et récupérer notre dignité d’êtres humains », a-t-il ajouté.
Selon Jacqueline Moudeina,l’avocate principale des victimes et présidente de l’Association Tchadienne pour la Promotion et les Défense des Droits de l’Homme (ATPDH) « , les victimes de Habré se rapprochent de plus en plus de la justice pour laquelle elles se battent depuis tant d’années après avoir enduré tant de souffrances ».

Hisseine Habré est accusé de milliers d’assassinats politiques et de l’usage systématique de la torture pendant son régime, de 1982 à 1990, lorsqu’il a été renversé par l’actuel président Idriss Deby Itno et a fui au Sénégal. Après une campagne de 22 ans menée par les victimes, les Chambres africaines extraordinaires ont été établies au sein des juridictions sénégalaises en février 2013 afin de poursuivre les crimes le plus graves commis durant son régime. Les Chambres ont inculpé Habré en juillet 2013 de crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre et l’ont placé en détention provisoire.