N'djamenaLes habitants de la capitale sont réveillés par des bruits de canon qui résonnaient de tous les côtés. Les hélicoptères volaient juste au-dessus de nos têtes. Dans les rues, les cadavres jonchaient le sol. Les deux ponts qui permettaient la sortie vers le sud et le Cameroun voisin fourmillaient de monde. Les femmes et les enfants sautaient sur les corps inertes pour arriver sur le pont. Sur le pont, les enfants échappaient des dos de leur maman pour tomber dans le fleuve Chari.
Tout le monde était dans la confusion. Certains sont restés chez eux dans la cour, priant Dieu d’épargner leur vie.
D’autres n’ont pas hésité à prendre le chemin du village ou du Cameroun voisin. Hommes, femmes et enfants ont tous vécu un moment de peur atroce.
Jamais je n’oublierai cette odeur des bombes qui m’a fait vomir toute la journée. J’ai été incommodée toute la journées.
Difficile d’oublier les cadavres qui sont restés trois dans les rues  jusqu’à ce que la voirie décident enfin de les enterrer dans une fosse commune. Il était une fois, un 2 février 2008 à Ndjamena…
A côté de chez nous, un voisin qui était malade depuis quelques temps déjà a choisi de mourir ce jour. il n’y avait personne pour lui apprêter un cercueil. le laver était un vrai parcours de combattant. Car, les hommes qui s’occupaient de nettoyer sa dépouille le faisaient sous une pluie de balles. impossible de l’enterrer au cimentière. il a donc été enterré dans sa cour.
Des tchadiens véreux ont vu là une occasion de s’enrichir. ils se sont mis à piller de biens des entreprises et des « voleurs de la républiques » (des ministres et cadres très hauts placés).
Il était une fois, le 2 février 2008…