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Photo: Brya

Lui, c’est Prince Dee, l’autre, Kent Dakor, deux artistes musiciens tchadiens.

L’un fait de la musique gospel et l’autre mondaine. Leur point commun, c’est le style, il font du R&B. De la musique engagée. Prince Dee, estime que grâce à son style, il arrive facilement à toucher les jeunes et à les convertir. Kent, pour sa part, affirme que sa musique est une expression de la génération consciente. A travers sa musique, il rapporte les messages des sans voix aux dirigeants.

La fête de la musique a permis de penser à donner la parole. En plus de leur style commun, ils ont un rêve commun pour le Tchad: une maison de production digne de ce nom pour le développement de la musique au Tchad.

Prince Dee, de son vrai nom Doumtelem Deur-roh

« Mon souhait : que les artistes tchadiens disposent d’un cadre de production dont l’Etat est le promoteur »

La fête de la musique n’est pas fêtée comme il se doit au Tchad. La meilleure façon de célébrer la musique, c’est de mettre en valeur les identités culturelles traditionnelles des Tchadiens. Ce qui pourrait amener les Tchadiens à aimer leur musique. Il estime que les institutions publiques et privées ne donnent pas trop de crédibilité à la fête de la musique, ils en font juste une occasion de « gonfler les factures ». Tout en lançant un appel aux autorités pour la mise en place d’une maison de production, Prince Dee félicite les artistes musiciens tchadiens pour la renaissance culturelle dont ils font preuve et les exhorte à plus de professionnalisme et d’originalité.

Pour lui, il faut que la musique tchadienne devienne une véritable industrie comme au Nigéria où la musique contribue à augmenter le PIB.

A 32 ans, Prince Dee est un artiste gospel confirmée du Tchad. Grace à son style (HIP Hop), il parle de Dieu aux jeunes de la façon qu’ils aiment. Son 1er Album, « l’heure de la vérité » a séduit plus de jeunes qu’on ne le croyait. Pour l’artiste, il y a beaucoup de préjugés autour de la musique gospel surtout lorsque l’artiste utilise le style Rap, Hip Hop. Prince Dee a donc voulu relever le défi et prouver que grâce au Rap, il peut évangéliser les jeunes, les interpeller sur les comportements indignes.

Inspiré par la guerre du 2 et 3 février 2008, Prince Dee a commencé à écrire ses titres « Mon peuple en a marre » et « Miskine » (le pauvre)  le 2 février lorsque la ville de N’Djaména s’est réveillé sous des bombardements tout azimuts. Une guerre qui a vue le rêve de l’artiste se briser puisqu’il était sur moins de gagner une bourse pour aller étudier aux Etats Unis.

Prince Dee, ne se découragera pas pour autant. « Avant, je faisait de la musique Mondaine, mais un jour, ma vie a changé et j’ai décidé de chanter pour Dieu. Aujourd’hui, je suis satisfait car beaucoup de chrétiens confirment les bienfaits de ma musique dans leur vie.

2012, il est nommé ambassadeur pour la lutte contre le paludisme et représente le Tchad, avec les autres ambassadeurs, à une soirée organisée par Malaria no more pour lever de fonds à New York.

En juin 2014, il lance un concept « Action musique pour la paix », en collaboration avec le Slameur Dannapi. Un sigle intitulé « Tchad béni » est enregistré à cet effet.

 

Kent Dakor, la voix des sans voix

« Je souhaite créer une école de musique équipée et une salle de spectacle pour tous les artistes tchadiens »

« La fête de la musique est une fête à encourager. Malheureusement, la façon dont elle est fêtée au Tchad prête à confusion. Il ne s’agit pas absolument d’aller dans une salle de spectacle pour exprimer sa musique. Même à la maison, chacun peut prendre sa guitare et chanter sa musique », dit l’artiste.

Pour Kent, pour que la musique tchadienne s’affirme, il faut que les gouvernants arrêtent d’encourager les artistes qui ne font pas des efforts pour améliorer leur musique. « Les artistes doivent être traité selon leur mérite et non par clientélisme. C’est par le travail que l’on doit déterminé l’engagement d’un artiste et non par son carnet d’adresse », lance-t-il.

Il appelle les artistes à se prendre en main, de gagner leur vie à la sueur de leur front et d’arrêter de mendier.

Le rêve de Kent pour l’avenir de la musique au Tchad, c’est de créer une école de musique pour la formation et la remise à niveau des artistes. Pour lui, l’Etat Tchadien doit offrir une vraie salle de spectacle à ses artistes.

Né dans une famille de chanteurs conteurs, Kent a grandi dans la musique. Déjà à l’école primaire, il passait son temps à chanter, ce qui lui valait des coups de fouets en classe. Inspiré par l’injustice causée par la polygamie, l’artiste se donne comme devoir de représenter les sans voix. « Je chante pour dénoncer les injustices faites aux plus faibles.

Membre fondateur du groupe Otentic, puis évoluant en solo, à 36 ans, Kent a à son actif 4 albums et une ligne de vêtement dénommée YAldar (enfant du pays). Kent est père d’un garçon et une merveilleuse fille.