Alors que l’emploi constitue un indicateur de développement et un puissant levier de croissance sous d’autres cieux, au Tchad, il semble être un sujet sans grand intérêt. Les réponses actuelles, des gouvernements successifs semblent incohérentes et mal orientées. Certes, des infrastructures ont été créées, des usines aux pieds d’argile construites. Cependant, les jeunes notamment les diplômés sont toujours confrontés au chômage.

photo. DR
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Dans le domaine public,  la politique actuelle de recrutement à la fonction politique [mafieuse et clanique] ne pourrait être une réponse suffisante à l’emploi des jeunes. Les jeunes qui achèvent leurs études ont-ils d’autres choix que le chômage, le désœuvrement…? Il est d’ailleurs illusoire de penser que ceux qui auraient réussi à placer leur progéniture dans les cafouillages actuels, arrivent à  garantir un avenir à leurs enfants.

La désillusion des jeunes après de longues études

Après avoir trimé pendant des années sur les bancs des écoles,  les jeunes Tchadiens entrent nantis de leurs diplômes et fiers de servir leurs pays. Mais cela, sans savoir que la recherche du travail est une autre école. Souvent, ces jeunes essuient des insultes ou sont éconduits simplement aux portes des bureaux. Cette situation les amène à se demander si ce pays a besoin d’intellectuels ? Surtout, quand dans l’administration, l’incompétence, la médiocrité, voire la nullité de certains chefs de service sont notoires, mais sont érigées en valeurs. ‘’Les jeunes ont besoin de travail et d’espoir, mais ils n’ont ni l’un ni l’autre’’ a déclaré le pape François lors d’une interview au Journal La Republica. Il faut donc avoir un travail si l’on veut évoluer et s’épanouir dans la vie.

Impact du désœuvrement des jeunes sur les structures socioéconomiques

Le désœuvrement des jeunes a un prix sur les structures socioéconomiques. La crise transforme les dynamiques familiales, avec d’un côté des parents qui se retrouvent à aider leurs enfants une fois qu’ils ont atteint l’âge adulte, et d’un autre côté les jeunes chômeurs qui retardent le moment de fonder leur propre famille. On en arrive sur le plan sociologique à une crise de la natalité et une crise de l’institution du mariage et au plan économique à un abaissement du taux de croissance par habitant. Par-dessus tout, cela attaque le moral des jeunes, à qui l’on a souvent ressassé que l’éducation était le passe-droit pour une vie meilleure, et qui finalement se rendent compte que leurs diplômes ne sont pas un antidote contre le chômage.