Février 2017 – février 2018, d’une année de crise sociale à la paralysie générale.

Ce n’est plus un secret, ça y est, les Tchadiens ont atteint un niveau jamais imaginé de conséquences de la mauvaise gouvernance. Une crise sociale qui tend vers une paralysie générale de la vie des populations. Une crise qui n’épargne désormais personne, du plus petit au plus grand, du fonctionnaire à l’ouvrier en passant par l’entrepreneur, chacun est touché à sa façon.

les forces de l'ordre du Tchad prêts à réprimer les manifestations
une vue des manifestants face à la police de répression. (Ph. Remy)

De la crise sociale à la paralysie générale, voilà comment les Tchadiens vivent désormais. Les enfants sont à la maison, les écoles sont fermées, les enseignants sont déçus et découragés. Ils font un métier noble mais ingrat, avec des grilles salariales qui ne permettaient pas de supporter la cherté de vie au Tchad.

La cherté de vie au Tchad, parlons-en un instant

Selon le taux de pauvreté, les tchadiens vivent en deçà de 1$. Pourtant, un tchadien doit débourser plus de 5 dollars pour un repas par jour. Déjà, l’accès aux services sociaux de base n’est pas donné à plus de 60% de la population. Mais avec cette crise sociale, les centres de santé et hôpitaux sont fermés.  Les personnes n’ayant pas de ressources pour aller dans les centres privés sont désemparées.

Le climat des affaires prend un coup

Dans la plupart des marchés de N’Djaména, les commerçants quêtent les rues du marché. Les clients se font rares. Il n’y a pas d’argent pour faire des achats. Chacun se contente du strict minimum pour sa famille.
Les nombreux chantiers entamés dans les grandes villes sont aux arrêts. Le taux de chômage en milieu jeune est de plus de 70%. les petites et moyennes entreprises mettent la clé sous la porte. Les jeunes ne savent plus quoi faire. les Ongs ne recrutent plus. les entreprises multinationales réduisent leur personnel. les petits commences ferment à cause des impôts surévalués.

Le prix de carburant a été unilatéralement augmenté afin de combler les déficits de recettes, ce qui se ressent à tous les niveaux et a causé la grève des transporteurs.

Pourtant, le gouvernement durcit le ton

La crise sociale tend vers une paralysie générale. Elle est perçue par la grande partie de la population tchadienne comme une volonté manifeste du gouvernement de maltraiter la population. Sinon, comment expliquer les augmentations des prix des produits de première nécessité et la diminution catastrophique des salaires ?

Comment permettre à un chef de famille qui gagne 60.000 FCFA de payer un loyer de 30.000 et d’assurer son transport du mois ? Il ne peut pas s’occuper normalement de sa famille. Quel est cet Etat qui fait payer atrocement à son peuple sa mauvaise gouvernance?

Un Etat de répression dans une crise sociale

vue d'un cortège de la police dans la ville de N'Djaména. ils sont postés dans toutes les grandes rues, prêts à poursuivre les manifestants
cortège des militaires contre la population (ph. Remy)

En ce moment, il semble que la Constitution n’existe plus. L’Etat de droit semble n’avoir jamais existé. Élèves, étudiants, enseignants, artistes, tous n’ont pas le droit de se plaindre. D’ailleurs, nous assistons à une militarisation des rues dans les grandes villes. Les partis politiques sont suspendus pour avoir appelé à la marche, des artistes recherchés pour avoir dénoncé la situation. Bref, personne n’a le droit de réagir à cette injustice que vivent les Tchadiens.