Hissène Habré, l’ancien président du Tchad vient d’être condamné à la réclusion à perpétuité aujourd’hui 30 mai 2016 par les Chambres africaines extraordinaires et condamné à Dakar. Il est reconnu coupable de graves crimes perpetrès entre 1982 et 1990. Hissène Habré a été reconnu coupable de torture, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et notamment d’avoir lui-même violé une femme, etc.
Cette codamnation découle d’un combat de plusieurs décennies mené par les victimes. a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. « C’est une immense victoire pour les victimes de Hissène Habré qui ont lutté sans relâche depuis 25 ans pour le traduire en justice», a déclaré Reed Brody, conseiller juridique à Human Rights Watch qui travaille auprès des victimes depuis 1999. « Cette condamnation envoie un signal d’alarme aux tyrans leur rappelant que s’ils commettent des atrocités, ils ne seront jamais hors de portée de leurs victimes ».
Un résumé de la décision a été lue en audience par le Président de la Chambre, le juge burkinabé Gberdao Gustave Kam, qui était entouré de deux juges sénégalais. Le Procureur avait requis une peine de réclusion à perpétuité.
« J’attends ce jour depuis que je suis sorti de prison il y a plus de 25 ans », a déclaré Souleymane Guengueng, qui faillit mourir de mauvais traitements et de maladie dans les geôles de Habré, et qui a fondé l’Association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré (AVCRHH). « Aujourd’hui, je me sens dix fois plus grand que Hissène Habré. »

C’est la première fois que les tribunaux d’un État jugent l’ancien dirigeant d’un autre État pour des supposées violations des droits humains. Quatre-vingt-treize personnes ont témoigné au procès, la plupart d’entre elles ayant fait le voyage du Tchad au Sénégal pour y participer. Les survivants ont livré des témoignages bouleversants sur la torture, les viols, l’esclavage sexuel, les massacres et les destructions de villages.

La Cour a notamment condamné Hissène Habré pour des crimes de violence sexuelles, dont le crime de viol et le celui d’esclavage sexuel pour avoir fait des femmes d’esclaves sexuels de ses soldat.

La cour a également reconnu Hissène Habré coupable d’avoir lui-même violé Khadidja Hassan Zidane à quatre reprises. Les juges ont estimé que le témoignage de Hassan était crédible et corroboré par ce qu’elle avait raconté à ses codétenues.
Une deuxième série d’audiences se tiendra en juin ou juillet au sein des Chambres afin d’évaluer les dommages et intérêts à attribuer aux parties civiles et aux autres victimes.
Le procès de Hissène Habré souligne l’importance de la compétence universelle, a déclaré Human Rights Watch. Ce principe de droit international permet à des tribunaux nationaux de juger des crimes les plus graves même lorsqu’ils ont été commis à l’étranger, par un étranger, et contre des victimes étrangères.
Une victoire qui doit interpeller plus d’un chef d’Etat africain!