mortalitéDe toute ma carrière de journaliste, je me bats sans cesse pour le bien-être de la femme et de l’enfant. j’ai couvert de campagnes, participé aux séminaires, aidé à organiser des forum pour la santé de la mère et de l’enfant.
J’écrivais avec beaucoup d’ardeur mes reportages lorsqu’il s’agit de la santé de la mère et de l’enfant. J’ai vu des femmes mourir en donnant la vie, des familles souffrir de la mort d’une femme qui meure en couche.  Mais jamais je n’ai expérimenté un douleur aussi intense que de voir une femme, pas n’importe la quelle mais ma propre nièce mourir en voulant donner la vie!
Quel peine, quel gâchis! Elle a juste 18ans, et pour moi, ce n’est qu’une enfant! C’est ma petite Nadège! Timide, bien ronde, si gourmande et si calme!
Cette nuit là, quand j’appris qu’elle était à l’hôpital pour accoucher, je pensais à la couleur des serviettes et couches que je devrais offrir à mon petit enfant!
J’allais être grand-mère à seulement 29ans, et j’avoue que l’idée me faisais déjà jubiler.
Pressée de voir mon petit enfant avant quoique ce soit, je courus  vers l’hôpital. L’hôpital de la mère et de l’enfant que les N’Djaménois préfèrent appeler « hôpital de la mère ou de l’enfant » pour dire que soit la mère s’en sort soit c’est l’enfant, mais rarement les deux. Je n’y suis jamais cru. Comment est-ce possible! On ne peut pas accoucher et mourir. Ce n’est pas normal !
Quand j’arrivai ce matin du dimanche à l’hôpital, heureuse de prendre ma petite fille dans mes bras, je vois plutôt le corps inerte de ma fille sur la table!
Elle était morte bien avant de mettre son premier bébé au monde!  Elle était morte parce qu’elle avait un gros cœur et que les dispositions n’ont pas été prises pour une césarienne. Elle était morte parce que personne ne prend jamais au sérieux la santé d’une femme enceinte dans nos hôpitaux, elle était morte parce que la vie est injuste ! les gens sont injustes !
Elle était morte comme toutes ces femmes que certaines sages femmes prennent un malin plaisir à  regarder souffrir avant de mourir.
Qu’il s’agisse d’elle ou des autres femmes, cela ne regarde que ceux qui pourraient en souffrir. Car, dans nos hôpitaux, beaucoup de sages – femmes font leur loi; elles se lèvent si c’est une patiente importante qui arrivent dans une voiture de luxe. elles dorment tranquillement lorsqu’il s’agit des autres femmes, celles qui ne peuvent pas leur offrir ce qu’elles attendent.