N'djamenaLe Tchad a organisé un Salon international des TIC au tour du thème « Faire des TIC le moteur de développement durable ». Ce salon qui s’est tenu du 9 au 12 septembre 2014 a coûté près de 3 milliards de francs CFA. Une coquette somme pour un pays qui n’a pas de couverture en eau potable ni électricité, moins encore une couverture sanitaire décente.

Tchad dernier en avancées technologiques

Selon un rapport mondial sur les avancés technologiques publié en mai 2014, le Tchad est classé dernier sur 148 pays. Un rapport qui exprime bien la réalité que les Tchadiens vivent en matière des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Un désir ambitieux de vouloir faire comme les autres alors que les Tchadiens ne sont pas encore arrivés à la cheville des autres.

Des dirigeants démesurément ambitieux

Prendre les devants sur l’avènement du tout numérique à l’échéance de 2015, faire la promotion d’un Tchad innovant qui gagne, montrer un Tchad capable d’abriter un centre des TIC, tels sont les motivations qui ont conduit à l’organisation du SITIC. Pourtant, dans les universités et grandes écoles, 1 étudiant sur 10 sait manipuler l’outil informatique ; seulement 2 sur 10 ont les moyens de se procurer un ordinateur et de disposer de l’énergie électrique.

Dans l’administration publique, l’informatique demeure encore un tabou pour la plupart des cadres, seuls quelques secrétaires ont le « secret » de l’utilisation des suites bureautiques.

Des bureaux des services administratifs aux logements des particuliers, l’électricité est une denrée rare.

Malgré ses tares, les plus hautes autorités rêvent quand même de faire du Tchad le Hub du NTIC. Le président du comité d’organisation et ministre tchadien de la Communication Hassan Sylla Bakari estime que « le Tchad terre d’espoir et berceau de l’humanité peut se targuer d’être compté parmi les pays émergents à l’horizon 2025 ». Une déclaration qui amène beaucoup de jeunes à se demander si l’émergence à l’horizon 2025 dont il est question ne concerne que la ville de Ndjamena ou tout le pays. Car, dès que l’on sort de la capitale, le Tchad est un gros village.

Une ambition plutôt démesurée, estime la plus grande partie des habitants qui ne comprennent pas pourquoi on a tenu à organiser un salon international des NTIC alors que plus de 90 % de sa population peine à subvenir à ses besoins élémentaires à savoir l’eau potable, la nourriture, le logement et la couverture sanitaire.

Il y a mieux à faire qu’un SITIC au Tchad

Le chef de l’Etat tchadien émis le vœu de voir, le SITIC, se tenir, chaque année à Ndjamena pour encourager, l’excellence. Le chef de l’Etat a instruit, le gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue de rendre opérationnel dans les meilleurs délais, le Centre africain des technologies de l’information (CATI) dont la pose de la première pierre a eu lieu, quelques jours après le SITIC à Ndjamena. Une pose de pierre de plus alors que la cité internationale des affaires dont la pierre est posée depuis plus d’une année demeure encore un projet.

Une population qui vit dans des maisons en terre battue, exposée aux intempéries sans eau ni électricité a-t- elle besoin d’un Salon international des NTIC ?

Les 3 milliards de FCFA ne seront-ils pas plus utiles dans des projets de forage d’eau potable, d’électrification de certains quartiers dans lesquels l’insécurité traduit le quotidien des populations !