vue partielle des députés lors d'une cérémonie officielle
vue partielle des députés lors d’une cérémonie officielle

Il y a une chose qui me choque jusqu’ici. Les dirigeants Tchadiens prennent un  malin plaisir à dire qu’ils accordent un quota de 30% aux femmes dans les postes de commandement et les instances décisionnelles. Une déclaration mesquine qui frôle l’outrance.

Le Tchad, depuis Gabriel Lisette jusqu’à la gouvernance de Idriss Déby en passant par Tombalbaye François et Hissene Habré, n’a jamais vu de femme à un poste de « commandant in cheif », ni Premier Ministre, moins encore présidente de l’Assemblée Nationale. Les femmes sont toujours au troisième plan. Les hommes d’abord, les autres hommes d’abord, puis les femmes. Quelle discrimination ? Quelle oppression ?

Tenez vous bien, au Tchad, les femmes représentent plus de 52% de la population total sur les 12.000.000 d’habitants que compte ce pays. Le taux d’instruction des femmes n’est plus faible comme il y a une dizaine d’années. Les femmes, de plus en plus, arrivent à finir le cycle supérieur. 50% de celles qui sont au primaire parviennent au secondaire et plus de 40% au supérieur. une progression qui n’est plus à démontrer.

Elles travaillent pour mériter leur réussite et se battent pour trouver du travail. Naturellement, s’il y a 20 femmes et 20 hommes pour 40 places, pourquoi donner seulement 30% de ces places aux femmes au lieu de 50% ? C’est une injustice, un égoïsme qui ne dit pas son nom. les dirigeants tchadiens manipulent le concept de la promotion féminine pour faire plus d’obstacles à l’ascension des femmes aux postes de responsabilités les plus élevés.

Il y a une semaine, les femmes de la cellule de liaison des Associations féminines (CELIAF) ont organisé une journée de plaidoyer à l’attention des parlementaires à Kempinski Hôtel de N’Djaména. Une démarche qui vise à rappeler aux faiseurs  de loi leurs rôles dans le respect du quota de 30% accordé aux femmes tchadiennes.  Je me demande pourquoi les femmes elles mêmes se contentent de revendiquer les

30%, pourquoi ne pas travailler pour mériter 50%. Ne dit-on pas qu’a compétence égale, chance égale ? Les femmes de la CELIAF, en s’adressant aux élus du peuple, ce sont-elles rendues compte que les femmes députés se comptent au bout du doigt ? Elles sont 28 sur les 180 députés que compte l’Assemblée Nationale du Tchad. C’est simplement flagrant, cet écart. Ces femmes députés n’atteignent même pas le quota de 30%.  Pourtant, ce ne sont pas les femmes compétentes et engagées qui manquent dans les partis politiques au Tchad. C’est simplement parce que les hommes croient qu’ils travailleront mieux qu’elles.

Aussi, Je me demande bien comment faire avec un nombre si minoritaire pour faire passer un loi en faveur des Droits de la femme ! Si les choses ne marchent toujours pas au Tchad, c’est certainement parce que les femmes sont étouffées.

Que l’on ne vienne pas me dire me dire qu’il n’y pas assez de femmes capables, que l’on ne me dise pas non plus qu’elles n’ont pas de volonté ! Les femmes se battent sur tous les plans, elles se démarquent.

Ce que je ne comprend pas dans cette philosophie de notre cher président, s’il ya déjà 30% des femmes dans les postes stratégiques, les autres compétences féminines doivent-elles retourner à leurs casseroles !

De qui se moque-t-on quand on parle de la promotion féminine ?

Les femmes Tchadiennes sont-elles vraiment promues à la place qu’il leur faut ? Si oui ? Combien sont-elles dans le gouvernement ? 7 sur les 27 ministres que compte le gouvernement de Kalzeubé.

Pourquoi ne pas en nommer 17 au lieu de 7 ? craint-on que les femmes puissent très bien gouverner au point de mériter la présidence du Tchad ?